J’ai rendez-vous à 10hres avec Paola. Elle arrive en autobus de Aix, une petite heure de route. De mon côté, 40 minutes de route pittoresque comme d’habitude. Je m’en sors pas on dirait, chaque fois que je sors de Saint-Julien pour aller quelque part, ça me prend entre 30-40 minutes. Épicerie, Digne, Les Mées, etc 30-40 minutes. Ben c’est ça, c’est tout! Pas de problème, la route est belle, les paysages sont magnifiques et pas trop de traffic habituellement.
Alors j’arrive comme une seule femme à la gare, quelques minutes en avance. En fait je croyais que Paola arriverait en train. Je suis donc allée m’asseoir du côté de la track de chemin de fer. Un monsieur est venu me demander si tout était OK? Et il m’a dit que non non, ce serait un autobus. Ah ok…
J’aimais l’idée d’attendre sur le quai. Ce sera pour une autre fois.
Paola arrivée, je me rend compte que nous n’avions pas discuté de ce que nous voulions faire. La seule chose planifiée à Manosque, c’est la visite de la maison de Jean Giono à 15hres.
Alors, n’écoutant que la volonté de se débarrasser de la voiture, nous avons jeté notre dévolu sur le parking (ie stationnement pour les québécois) le plus près du vieux Manosque/downtown.
Ce qui fifut assez rapido! Et n’écoutant que mon besoin de caféine, nous nous sommes précipitées (ben non!) vers un petit café librairie, super joli et très confo. Le plan? Boire un bon café et NE PAS acheter de livre (pour ceux qui me connaissent, ça c’est difficile! On appelle ça du Zen urbain, discipline olympique du « rien acheter »).
Tandis que nous nous délectons de ce chaud nectar, nous échafaudons le plan. Le grand plan.
Pis Cawo? C’est quoi le grand plan? Glandouiller dans les rues de Manosque! Au gré de l’inspiration et de l’esbeaubissage. Ouf! Fallait penser tsé !
Alors nous marchons, suivant nos pieds qui savent où aller. La ville est magnifique et très active en ce samedi matin.
D’un côté, le marché, je l’ai dit, on est samedi! Normal le marché.
Mais aussi « Les Correspondantes » de Manosque. Un festival littéraire qui dure 5 jours. Plusieurs auteurs sont interviewés, des écritoires y sont aussi installés pour que les gens puissent écrire des lettres et les envoyer gratuitement. L’atmosphère est festif et intéressant. Pas trop rempli non plus, juste assez.
La ville est magnfique! Clairement elle date, les rue se déclinent dans les trois formats déjà mentionnés: ruelles, ruellettes et ruelletitas. C’est fou ces dédales! Même le GPS ne s’y retrouve pas!
Nous croisons des églises qui datent du 12ieme siècle, l’intérieur est sobre et massif. Rien à voir avec les décors ostentatoires qui seront la mode dans les futurs siècles. On dirait que l’église était encore un peu humble… mais à bien y penser, c’est la même époque que les croisades… alors on laisse faire l’humilité de la religion à cette époque!
J’ai réellement un coup de coeur pour ce vieux Manosque où nous marchons tranquillement. Au fil des ruelles, nous débouchons sur ces petites places animées, soit de terrasses de restaurants, soit des kiosques de marché ou encore de cette facade remplie de lierres et de fleurs qu’est la mairie de Manosque. Toujours, on trouve ces magnifiques arbres, ces platanes au généreux feuillage qui vient ombrager les places.
Vraiment déambuler dans cette vieille ville, un très grand plaisir!
Nous arrêtons pour le lunch dans une de ces placettes. Le resto est pas mal bondé, du moins sa terrasse. Mais ils sont gentils, ils nous font une place dans la section bar! Fiou! Pour l’occasion, je commande un verre de rosé (comme d’habitude finalement). Et comme d’habitude, ils m’apportent de la glace à mettre dedans! Quoi??? Oui!!!!
Il semble que ce soit une habitude généralisée pour le rosé, de mettre une ou deux glaces dans le verre. Sacrilège ! M’exclamai-je! Et il parait que des fois, même le rouge y goûte!
Allez savoir…
Jusqu’à maintenant, je prend ce qui est proposé en menu du jour. Et habituellement, ce menu est délicieux, frais et tout de même pas trop cher: 16€ en moyenne pour un plat principal délicieux. J’ajoute à ça mon petite verre de vin à 2€. Je m’en sors donc à 18€ (29$CAD). L’échange est toujours aussi mauvais on dirait! Imaginez si je soupais au resto!!!!
Après ce bon repas, nous devons nous diriger vers la maison de Jean Giono. Un petit 15 minutes de marche tout aussi agréable. La maison est en périphérie du vieux Manosque.
Honnêtement, elle est magnifique, la maison. C’est tellement extraordinaire de pouvoir voir le lieu de création de ce gigantesque auteur. Les différents bureaux où il a écrit.
J’ai appris que Jean Giono était très spécifique quant à la plume qu’il utilisait et aussi le type de papier. La plume, une Nostradamus. Le papier, pas blanc, un peu jaune. L’encre, il la mettait dans une bouteille avec le bouchon légèrement ouvert pour qu’elle épaississe.
C’est drôle ces spécificités, surtout au niveau de la plume qu’il voulait glissante mais pas trop et l’encre épaisse et le papier fin. Je me suis demandée s’il n’était pas gaucher.
On a cette tendance, nous les gauchers, à préférer des textures et des crayons pas trop glissants (en tout cas je suis comme ça).
Mais Giono était droitier ou peut-être droitier forcé. On le saura jamais. Un mystère peut-être.
Sa bibliothèque m’a rendue verte foncée de jalousie. Le gars, sponsored by Gallimard et Grasset, a TOUS les livres de toutes les collections y compris les Pléiades (sauf les Pléiade de Jean Giono qui ont été publiés posthumes).
Il a même, dans sa gigantesque collection, les livres de Alexandra David Neel! Mais d’un commun accord avec la guide (qui a aussi guidé la maison de Alex) s’ils se sont connus, ils ne se sont pas aimés. Des caractères trop explosifs ces deux là! Surtout Alex, elle qui a défoncés toutes les barrières brandies devant les femmes de son temps!
Une belle visite, vraiment! Un dernier mot là-dessus: non seulement Jean Giono a écrit à la plume toute sa vie, sur du papier blanc, sans ligne et sans marge.
Tous les jours, il écrivait 3 pages, pas plus et pas moins, ses lignes droites et sa marge égale, tout le temps. Presque sans ratures, et surtout sans relecture (peut-être un peu par sa femme qui tapait ses textes)! Donc, un seul jet!!!! Toujours au verso seulement car l’encre transperce le papier. Une discipline de fer, toute sa vie. Wow!
Dépôt de madame Vavrusova (Paola pour les intime) à la gare, l’autobus est à 18hres. Ce fut encore extrêmement agreable de passer cette journée avec elle. Merci Paola!!! J’ai déjà hâte de te revoir!
Retour tranquille à la maison! Je sais déjà que demain je fais la grasse matinée, je relaxe et je lis tranquille. La fille est fatiguée. Ses yeux et son cerveau ont besoin d’une pause pour sauvegarder toute cette beauté!












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