Comment résumer ces trois jours extraordinaires que nous avons passés dans le monde des rizières et des Ifugao!?
Impossible vraiment. Entre les OMG! que c’est magnifiques! Et les Oh non! Encore des escaliers maléfiques!! Je ne crois pas être capable de décrire à sa juste valeur toute l’expérience que nous avons eue. Mais je vais essayer car j’aime les défis!!
Nous avions déjà rencontré Job (pas comme Steve! Non! Plutôt comme Job de la bible). Donc, nous avions rencontré Job la veille lors de notre arrivée à Banaue. Nous avons cliqué tout de suite.
Le sourire taquin comme on l’aime n’est-ce pas? L’œil avec ce petit éclat de tannant qui aime rigoler, ça aussi on aime vraiment. En l’espace de 5 minutes, on était déjà en train de dire toutes sortes de niaiseries ensemble. Alors quand Justin (le boss et son cousin) m’a dit que ce serait Job qui serait notre guide, j’en étais très contente.
Ça commence comment un trek dans les rizières et la jungle? Par un petit tour de jeep sportif. Sportif? Dans les montagnes, des courbes, des courbes et des rues très étroites. Vous penseriez que considérant ces contraintes, les routes seraient vides? Voyons! Éboulis, camions à benne et divers autres véhicules (jeepney, tricycles, autos) stationnés sur la voie. Pour couronner le tout, chiens et poules à profusion sur la route!
Justin manie la voiture, une main sur le volant, une main sur le bras de vitesse et une main sur le klaxon. Ne me demandez pas d’où sort la troisième main, c’est de la magie. Sportif je vous dis.
Une fois descendus de la voiture, nous débutons la portion jungle du trek.
Une jungle luxuriante, remplie de nos plantes d’intérieur mais géantes, dans leur habitat naturel finalement.
Cette portion durera approximativement 3 heures. Jusqu’au lunch. Le reste du trek se passera dans les rizières. À côté de ces plantes, on trouve aussi de gigantesques fougères. Des fougères arbre, équipées non pas de têtes de violon mais de têtes de contrebasse! C’est fou, on se croirait catapultés dans un film de Jurassic Park.
L’humidité et la touffeur sont là aussi. On se sue le corps complétement. Mais tout est tellement magnifique qu’on oublie cet inconfort.
Et Job, toujours attentif à notre rythme (le mien particulièrement considérant mon grand âge) et les obstacles sur le parcours: Attention, watch your head! Be careful! Slippery! Sacha, are you ok?
Nous devons contourner un chantier routier qui, en creusant la montagne, a détruit une portion du sentier. Une sentier temporaire a été créé, un sentier qui ressemble plus à une bonne session de via ferrata musclée qu’un sentier de montagne. Une chance que cette portion était très courte!
C’est une réalité dans cette région, les deux principaux obstacles ou difficultés rencontrés par les gens habitant ces contrées sont les chantiers mais surtout les éboulis, sur les routes, dans les rizières, partout. Une constante bataille contre le vertical, la montagne qui pourtant est si nourricière aussi!
On s’est rencontré plusieurs français sur le sentier. Un groupe de 7 qu’on entend jacasser de loin. Ceux là, on les laisse passer. Ils ont le tempo plus rapide. Moi je prend moult moult photos vous savez!
Après le lunch sous un petit abri, nous reprenons notre marche tranquille, le yeux écarquillés et la bouche béate.
Nous arrivons enfin dans les rizières! Et là commence le meilleur et le pire.
Débutons par le meilleur! Mes chers, quel chef d’œuvre d’ingéniosité et de travail acharné que ces rizières. Elles grimpent sur les montagnes à des hauteurs vertigineuses.
On pourrait penser qu’il ne s’agit que de plats aménagés au fil des ans, en étage. Mais nenni mes amis, vous vous méprenez! Chaque « padee » est encerclé d’un mur de béton, la plupart seront aussi desservis par un canal où coule l’eau. Irrigation oblige n’est-ce pas?
Pour pouvoir grimper le long des terrasses, des escaliers sont aménagés, un sentier vertical de béton.
Alors, comment ça marche, un trek dans les rizières de Batad? On marche sur les murets longeant les « padee ». D’un côté, il y a la plantation, des plants de riz dans l’eau et la boue. De l’autre? Le vide, plus ou moins haut. Le muret il est large de 60cm. Un exercice intéressant d’équilibre qui devient de plus en plus difficile à mesure que la journée passe.
Et puis, il faut monter ou descendre. Entrent en jeu les sentiers verticaux. Les marches en béton de diverses hauteurs et inclinaisons. Mais disons qu’en général, les marches sont très hautes et l’inclinaison près du vertical.
La première journée du trek sera la plus longue et la plus difficile. Une journée de 8:30 de marche et 21km principalement dans ces rizières magnifiques.
Chemin faisant, nous croisons de petits villages perchés au bout du monde. Job me dit que les rizières de ce secteur sont déjà cueillies car ils observent une seule récolte par année, comparativement à d’autres régions qui en font 3. Les gens de la région préfèrent ne pas utiliser de fertilisants et d’insecticide sur leur riz.
Mais les rizières cueillies sont magnifiques, elles sont toutes des miroirs qui reflètent le ciel et les nuages. En fait, pendant le trek, nous verrons plusieurs stades des rizières, de la cueillies à celle prête à être cueillie et qui est d’un vert tendre et profond, magnifique aussi.
Vers la fin de la première journée nous avons aussi rencontré beaucoup d’enfants sur le retour de l’école. Ils gambadent, tout légers et joyeux dans ces sentiers, comme si ils étaient à quelques minutes de la maison. Pourtant non! Certains sont à plus de deux heures de marche de l’école. Et pas une petite balade bien plate! Mais non! La plupart restent haut perchés sinon, c’est l’école qui l’est.
Nous arrivons à Cambulo, mini petit bled tout empilé au fond d’une vallée, avant qu’il ne fasse noir. Même Job est impressionné de nous!
Vous me direz, mais porqué Cawo? Et c’est là que je vous parle du pire. Le pire c’est quoi? Ces foutus, méchants, maléfiques, que dis-je sataniques et interminables escaliers! En béton et inégales. Souvent tellement hauts et verticaux que nous sommes heureuses d’avoir notre bâton de marche. Et le pire du pire? Les descentes!
À la fin de la première journée, mes jambes n’étaient que douleur et jello. J’avais du mal à tenir mon équilibre sur les murets des rizières. La fin de la première journée a été très pénible. Je me demandais comment j’allais continuer les deux prochains jours…. j’étais même pas mal inquiète. Sacha semblait aussi en arracher mais la jeunesse, elle récupère plus vite vous savez!
Nous sommes enfin arrivées à ce petit homestay de deux chambres. Une jolie dame, tout sourire nous accueille et nous trouvons enfin chaise à nos fesses! Et sandales à nos pieds svp. Pas besoin de vous dire que la soirée n’a pas été longue! Souper délicieux, petit récital de Job qui joue à la guitare, the sound of silence avec une voix vraiment jolie et sûre. Dodo du juste et douleur aux jambes à chaque mouvement.
Nous repartons le lendemain et j’annonce déjà mes couleurs à Job. Pas de chutes pour nous. Sacha est tellement d’accord. La randonnée vers Batad (village dont les rizières sont classées Unesco) prend 3hres approx. À celà on ajoute un gros 3hres pour aller voir une chute, 1.5hres de descente avec des marches sataniques et montée évidemment sur les même marches sataniquement infernales. Non monsieur! Des chutes, j’en ai chez moi, des rizières classées Unesco? Non! On contemplera notre chance d’être là ce pm.
Job, en bon père, décide de nous amener dans un lodge juché en haut du village. Normalement, nous aurions dû aller en bas mais comme il savait que je n’aurais pas beaucoup de plaisir à grimper tout ce dénivelé, il a changé le plan.
Nous arrivons pile pour le lunch au Hilltop Homestay. Leur veranda est complétement incroyable. Un grand comptoir fait la longueur et une fois assis au comptoir, c’est une vue à 180 degrés, le village tout en bas encerclé des rizières qui montent et montent encore plus haut. Une vue à couper le souffle. Nous n’allons pas nous lasser de la contempler tout au long de notre séjour, à travers les changements de temps (soleil et pluie) et de lumière (jour, soir, nuit).
Je craque et je me paie un massage d’une heure. Il semblerait bien que je ne sois pas la seule à souffrir puisque toute une petite business fleuri dans ces villages où les trekkers prennent une pause. La dame a beau être menue, ses doigts sont puissants et elle me malaxe solidement!
Sacha elle? Elle va bien. Ses jambes sont fatiguées pas mal, elle marche un peu en cowboy mais rien de trop grave qu’une nuit de repos ne guérira pas. Ah la jeunesse! Elle a même gagné un surnom: the rice gazelle of the north! Devinez qui a eu cette idée!
Dernier jour du trek, un petit jour. Parfait pour moi. Remontée dans les marches sataniques (mais les montées ça va tout de même). Nous avons deux rvs: voir un autre village/rizière classé Unesco et surtout, surtout, aller dans des bains d’eau de source chaude. Ceux qui me connaissent bien savent que un bain pour moi, c’est la vie!!
Et ce fut la vie aussi. Un petit deux heures à se faire flotter dans l’eau chaude ou moins chaude selon le bain choisi. Toutes seules car pas connus des touristes. Avec notre Job qui nous coupe du melon d’eau, de la canne à sucre et des mangues. C’est la vie ça aussi!
On s’est fait prendre par la pluie en remontant vers la route. Une belle pluie chaude et forte, un peu comme celle qu’on a lors d’orages de chaleur. Et nous nous sommes abrités sous un porche, avec la brassée séchant à l’abri de la pluie. Job? C’est ok d’être ici? Yes m’am. No problem.
C’est comme ça aussi ces villages que nous avons visités. Coopération et solidarité. Pour les récoltes, pour les enfants, pour les corvées et pour mettre à l’abri deux touristes perdues. Dans ces villages, pas d’auto. Tout se fait à pieds. Le frigo, la table, les fenêtres? Tout est arrivé sur le dos de quelqu’un!!! Wow!!
Finalement, nous sommes revenues à notre homestay de Banaue. Une chambre confortable. On dépose nos sacs, on se prend une méga douche chaude et après? Chill à mort et on prend des nouvelles de notre monde.
Je sais, je sais, une question vous brûle la langue: le referais-tu ce trek Cawo? Tellement!! Sans aucune hésitation!! Mais peut-être que je me préparerais un peu plus. Mettons que je ferais peut-être les marches des plaine d’Abraham et celles des chutes pendant quelques semaines avant d’y aller. Mais la beauté de l’endroit où nos sommes allées: incroyable. Les gens que nous avons rencontrés, surtout Job: incroyable aussi. Une expérience à vivre une fois dans sa vie!
Prochaine étape? La playa. Puerto Princesa! Je vous tiens au courant.

















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