On se retrouve sur la terrasse le matin pour le petit déjeuner inclus. Rien de bien exotique: œufs brouillés, petite saucisses, toast de pain blanc et quelques tranches de pomme. Mais ça fait la job. Ils ont du café, instant, mais c’est du café.

En jasant avec une américaine et un allemand, on finit par savoir que les transports, le train, les autobus, c’est ok. Faut dire que nous sommes arrivées la veille, le soir, et tout semblait assez chaotique et pas trop évident.

C’est ça la beauté des hostels de backpackers.  Des rencontres agréables de gens qui aiment voyager et qui partagent leurs expériences et leur trucs. L’allemand est allé au chinatown, il dit que c’est ok. On ira.

Mais aujourd’hui le plan, c’est la ville intramuros. Comme la ville de Québec, la vieille ville de Manille est murée. Ce sont les Espagnols qui ont construit ça dans les années 1500. Les Philippines ont passé par plusieurs mains: espagnoles, américaines et japonaises. Et pas des mains très aimables la plupart du temps…mais ça sera pour un autre article peut-être.

Mais il faut s’y rendre à l’intramuros. Google maps nous dit de marcher 5 minutes, prendre le train/métro de surface pour 3 stations et marcher un bon 15 minutes après.

Et c’est là, dans ces déplacements à pieds, qu’on comprend brutalement qu’on est définitivement plus à Tokyo ni au Japon. Disons que le contraste est gigantesque. Je crois qu’il serait moins grand si on était arrivées de Québec ou Montréal. Mais de Tokyo, ville si propre, si droite, si tranquille et si silencieuse, c’est vraiment quelque chose.

Pour empirer les choses, c’est férié aujourd’hui. The day of all souls, le jour après la Toussaint (the day of all saints). La ville est arrêtée. Mais tous les mendiants et les sans abris, eux, sont là, pas de congé pour ces gens. Ils dorment partout, ils mendient, ils sollicitent. Comme les commerces et les petits kiosques ne sont pas ouverts, je crois que c’est pire. On ne voit qu’eux.

Les autres? Ils sont en train de luncher avec leurs morts, dans les cimetières. C’est la tradition du Day of all souls.

On déambule donc dans la ville, un peu méfiante tout de même mais pas trop. On nous a bien averties à l’hôtel de ne rien accepter (nourriture ou boisson) de personne sur la rue et j’ai lu des histoire un peu moches de scams pour les moins prudents ou les plus naïfs…. mais c’est pas vrai que ça va nous arrêter tout ça!

Il faut tout de même changer un peu notre façon de s’alimenter et de boire. Ici l’eau des robinets n’est pas bonne pour les voyageurs. Il faut faire attention même en se brossant les dents. Et attention aux glaçons et aux fruits/légumes crus et coupés! Changement complet de mindset par rapport au Japon.

J’avoue aussi que de me faire solliciter par des enfants de 5-6 ans, c’est pas facile…. mais je me console en me disant qu’en Inde, c’aurait été pire. Et demain, avec la vie normale qui reprend, je crois qu’il n’y aura plus autant d’inertie dans la ville.

Arrivées à l’ancienne ville, on se fait happer évidemment par des guides de toutes sortes. Certains sont en tricycles motorisés, d’autres en tricycles bicyclette.

Et on rencontre Justin avec sa Ferrari filipino size. Il a un sourire craquant et d’une honnêteté évidente. On se parle, il me dit dans son anglais cassé de filipino, qu’il est accrédité par la chambre de tourisme, il a eu le cours de guide de l’intramuro. Blabla… mais il me montre tout ça et c’est évident qu’il dit vrai.

Ok ok. Let’s go! 350 pesos/personne/30 minutes (8.50$). Pas si pire.

On a eu beaucoup de plaisir avec Justin qui nous a raconté l’histoire de sa ville, en nous amenant, avec sa Ferrari, partout autour. En nous amenant sur les murs, dans les ruines du fort, dans les églises multi centenaires. En nous parlant de sa fille de 3 ans et nous disant à quel point les filipinos sont maniacs de basketball!! Oui!!

Basket au Philippines et baseball au Japon! Et bien!

Une grosse heure avec Justin à bien s’amuser. Il a un humour bon enfant qui colle bien avec l’humour québécois.

Retour pas tranquille à l’hôtel. Pas tranquille parce que le chaos qui nous entoure, en cette première journée filipinette, est vraiment intense. Je m’inquiète un peu pour Sacha. J’ai hâte de faire le debreifing de cette journée (elle est comme moi, bouleversée mais ok).

Ça me rappelle notre première journée au Vietnam, à Hanoï. Intense, bruyante et chaotique. Mais ici, on ajoute une couche d’extrême pauvreté que nous n’avons pas autant rencontrée ailleurs. Je sais qu’avec le temps, nous serons moins bouleversées mais aussi touchées.

C’est dans ces circonstances que nous nous rendons compte de l’incroyable chance que nous avons que le gigantesque hasard nous ait fait naître dans un pays comme le Canada. On a rien à voir avec ça, c’est un hasard pur et dur (je sais que dans certaines religions et philosophies, on choisit où on naît mais ce n’est pas ma croyance). Il faut en être conscient et reconnaissant chaque jour de notre vie!

Le plan des prochains jours est pas mal aligné: demain on va a BGC, un quartier un peu chic mais filipino tout de même. Samedi, food tour dans le chinatown, le plus vieux au monde et dimanche? Le marché public dans le port de Manille! Vous nous suivez?

Rue trop tranquille
Influence espagnole
Murs, canons, ça vous dit quelque chose?
Justin, photographe
Sacha et Justin
Influence japonaise
Justin, pizza style photo
Kiosques fermés
Rue tranquille bis
Coupe du monde de basket, Philippines contre Italie. À la terrasse de l’hôtel

Une réponse

  1. Avatar de Eve-Marie Rioux

    Oups! On tombe dans un univers inversé comparé au Japon! Mais des pros voyageuses comme vous, ça ne va pas vous arrêter! 🙂

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