Ahhhhhhhhhhh mes amis! Quelle belle journée nous avons eue!! Quelle belle activité aussi!!!!
Oui oui, je sais, je suis complètement en points d’exclamation!! Désolée de cette grande démonstration de bonheur.
Il faut dire que nous avons eu quelques petites déceptions depuis quelques jours, ça fait du bien de revenir dans le grand plaisir!
Alors qu’avons-nous nous fait de si extraordinaire? Rien!!
Mais de si intéressant, le fun et en plein dans le genre d’activité que nous adorons? Un tour dans une finca de café!
Vous vous souvenez j’avais magasiné ça hier. Nous voulions quelque chose d’autentique, de colombien pas trop commercial.
Le gars qui nous a vendu le tour a tellement compris! Il nous a envoyé dans une mini finca, La Abundancia.
Nous sommes parties comme deux aventurières dans la brousse avec un 4 roues! Oui! Ça fait près de 25 ans que je n’avais pas conduit cette bibitte. Mais il semble que ce soit comme la bicyclette, quand on sait, c’est pour toujours.
J’ai dit à Sacha: « embarque beubé, on ira pas vite! » Et elle de s’émoustiller et de monter sur ma monture vrombissante. Vous savez tous que c’est pas vrai n’est-ce pas? Mais Sacha est tout de même montée derrière moi sur le 4 roues.
Nous sommes parties comme des grandes, le pouce sur le gaz, en suivant Carlo qui était en moto devant nous.
Un gros 30 minutes de route très boueuse, très maganée, très « c’est une maudite bonne affaire d’avoir un 4 roues » genre. On se fait bardasser en masse. J’étudie la route en permanence pour trouver le meilleur chemin pour épargner nos foufounes.
Au bout des 30 minutes, nous sommes accueillies par le gentil Santiago, notre guide pour la visite.
Commence alors une immersion dans cette jolie finca. Santiago nous raconte l’arrivée du café en Colombie, de l’Afrique.
Il nous raconte aussi que l’altitude joue un rôle primordial dans la qualité du café. Si je me souviens bien, le café de la finca pousse entre 1500 et 1700 mètres. Altitude idéale. Plus bas, il fait trop chaud, plus haut, il fait trop froid.
Dans la colline, on voit les caféiers qui sont protégés par des bananiers plantain. C’est une plante qui souffre du soleil direct. Donc chaque quadrilatère de caféiers est accompagné, en son milieu, par un bananier plantain.
Nous descendons tranquillement dans la colline. La cueillette se fait à l’année. Pas de période de récolte spécifique comme chez-nous! D’ailleurs c’est fou de voir ces arbustes dont les branches sont pleines de baies vertes, toutes collées les unes sur les autres. Elle deviendrons rouges, et elle seront cueillies à ce moment là. Pas avant. À la main, une à une.
Nous descendons toujours. Sur le sentier, de la bouse… Santiago n’est pas content. Une vache s’est introduite dans le secteur des caféiers. La coupable est en fait un veau qui attend patiemment qu’on ouvre la barrière en bas. Ça me rappelle ma jeunesse sur la ferme de ma grand-mère Lajoie.
Santiago nous dit qu’ici on dit qu’il y a deux saisons. La saison des chicos et la saison des chicas. Chicos: il ne pleut pas pendant plusieurs jours et un jour il pleut pour tous les jours qu’il n’a pas plu. Parce que les gars ne pleurent pas souvent mais quand ça sort, ils pètent la baraque. Chicas: les semaines où il pleut tout le temps….je vous laisse deviner…
Nous avons aussi appris que les bananiers plantains marchent de 7 pas. En fait, à côté d’un bananier plantain, il y a toujours un autre bananier qui pousse, à partir de ses racines. Souvent on peut voir jusqu’à 7 bananiers un à côté de l’autre, un peu espacés, en ligne.
En Colombie, dans la région où nous sommes et je crois pas mal partout, un seul type de café est cultivé et exporté, l’arabica. La variété d’arabica cultivée à la finca, le castillo, est une variété très appréciée, un arbuste pas très grand et robuste.
Nous terminons notre marche en bas complètement, sur le bord d’un rivière tellement gonflée par les grandes pluies. L’eau est brune, en trombe par dessus les roches. Le son est assourdissant! Wow! On dirait une belle rivière du Québec au printemps!
Nous sommes maintenant dans une forêt de bambous. Tellement magnifique. Les bambous poussent en colonie. Les tapons de bambous sont en fait qu’un seul plant de bambou. Et il est tellement gros. Une espèce particulière, le bambou guadua, originaire de la Colombie. Il a une croissance très rapide et il est très résistant. Les colombiens s’en servent en construction de toutes sortes.
Mais nous sommes loin de notre café n’est-ce pas? D’ailleurs, j’ai oublié de mentionner qu’à notre arrivée, la dame de la finca nous a servi des cafés dans les tasses les plus mimi de la terre, des mini tasses en métal. Je trouvais que le goût du café était différent, un peu sucré. En fait, ils ajoutent du panela, un genre de sucre en pain dont le goût est à mi chemin entre la cassonade et la mélasse. Dans le café c’est vraiment bon!
Nous passons donc à la phase dégustation. Malheureusement, nous aurions dû aussi participer à la cueillette mais celle-ci a été de courte durée, tout était fait à notre arrivée.
Comment ça se fait une dégustation dans une petite finca? En mettant la main à la pâte!
Nous commençons par nettoyer les grains de café verts des impuretés et des pelures. Santiago sort un sèche cheveux pour l’occasion. Super pratique pour les particules volatiles.
La technique pour séparer les grains des particules plus légères est la même que pour le riz, celle que nous avons vue aux Philippines dans le trek à Banaue! Comme quoi, une méthode qui va bien sera la même pour le même besoin, un peu partout tsé!
Les grains sont maintenant près à être cuits. On les met dans un chaudron, le feu est doux pour commencer et nous commençons à brasser les grains avec des spatules en bois. Il ne faut pas arrêter!
Santiago monte le feu un peu et nous commençons à sentir une petite arôme de café qui cuit. Et soudain des « pop »! De pop-corn! C’est le café qui expansionne!
Tranquillement le café change de couleur et l’arôme s’intensifie. Une fois les grains bruns foncés, nous arrêtons la cuisson.
Il faut moudre maintenant. Sacha y prête son bras. Après une attente de quelques minutes, question de laisser le café refroidir, Sacha tourne la manivelle et notre café devient poudre.
Santiago nous averti que le café ne supporte pas l’eau bouillante. J’apprends alors qu’on doit l’infuser avec une eau qui a commencé à faire de petites bulles seulement.
Le café est mis dans un filtre en tissus, on fait couler un petit peu d’eau, dans le milieu du filtre, sur le café, c’est important. Des bulles se forment sur le café, il faut attendre que celles-ci soient éclatées. Après, seulement après, le café est prêt à être infusé et on coule l’eau en rond sur les parois du filtre.
Ça c’est de l’art et de l’amour mes amis! Santiago est un sommelier du café je vous le dis!
Et le café Cawo! Il est bon??? Vraiment bon! Avec une petite note d’agrumes à la fin.
Nous avons terminé le tour avec un petit goûter de patacones avec une bonne salsa de tomates. Vraiment les patacones (bananes plantain écrapoues et frites) c’est tellement bon et bourratif!
Après cette belle visite, il nous restait le retour sur notre belle monture à quatre roues. Vraiment un plaisir de se promener dans cette belle nature et sentir que c’était le meilleur moyen de se rendre à la finca! C’est dans ces moments que le 4 roues est vraiment justifié!
Nous sommes restées enchantées tout le reste de la journée avec cette belle visite et ce guide, Santiago, artiste musicien et amoureux de son travail. Un passionné de café. Il nous a d’ailleurs dit que les enfants, ici, boivent du café dès l’âge de 3 ans. Le café ici n’a que 40% de caféine!
Glandouillage oblige et préparation pour la prochaine activité demain! La vallée de Cocora et promenade à cheval!!
Wow nous sommes vraiment heureuses ici! Salento, c’est magique!












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