Ahhhhhhhh les amis!!! Quelle belle journée nous avons eue! Quelle grosse journée nous avons eue!!

D’abord, des nouvelles de la grande. Vous êtes tous morts d’inquiétude, gentils lecteurs, je le sais! Elle va très bien! Le mauvais épisode de diarrhée est terminé! Depuis hier, elle mange normalement, plus de mal de ventre et plus de #2 liquide. Je crois que je vais arrêter là les détails mais vous voyez le topo.

Deuxième question qui vous brûle les lèvres, tel le suspens d’un mauvais thriller. Est-elle venue avec nous dans notre grosse activité? Malheureusement non. Elle devait encore prendre des forces et comme l’activité se passait aux tréfonds de la ville (ie loin loin) et pour une durée assez substantielle (5 hres), c’était préférable qu’elle chill à l’hôtel. Ce qu’elle sait faire de façon olympienne d’ailleurs!

Alors n’écoutant que notre courage, Eve et moi sommes parties comme deux aventurières, au bout de la ligne San Javier, au début de la Comuna 13 (trece).

Nous y avions rvs avec Jonathan, un français installé à Medellín (oui je sais, les motadits français, ils sont partout!). Il a parti sa petite business d’accompagnement aux voyageurs depuis 2 mois seulement. Ce qu’il propose est vraiment original. Si vous venez ici, n’hésitez pas à le joindre. Le mieux, son compte Instagram: @medeguide_colombia

Nous avions choisi une excursion immersive. Aller dans la Comuna 13, la vraie, accompagnées d’un guide habitant la Comuna, avec Jonathan comme traducteur quand le débit dépasse la vitesse de la lumière. Nous étions chanceuse, nous avons eu droit à 2 guides locaux, deux Santiago, pour le prix de un!

C’est quoi une Comuna? On pourrait dire que c’est comme un arrondissement. Voici comment ça se décline: Ciudad (ville), Comuna  (arrondissement), barrio (quartier).

Chaque Comuna reçoit une cote, de 1 à 6. 1 étant les plus pauvres et 6 les plus riches. En fonction de ces cotes, la Comuna reçoit plus ou moins de services gratuits et autres services. Vous voyez le topo?

Comuna trece a reçu la cote 1-2. On entre dans la grande pauvreté donc. Mais Comuna trece vit actuellement une revitalisation importante et aussi un regain de visibilité auprès du tourisme. Pourquoi? L’art de la rue. Depuis longtemps les gens de la Comuna (et probablement ailleurs aussi à Medellín) expriment leurs revendications, histoires etc par de grandes fresques sur les murs de béton. Ils ont décidé de les partager avec les autres. Créant des tours pour les touristes. Et de là, l’apparition de shops de toutes sortes, de spectacles, de galeries d’art, etc.

Jonathan, notre guide français, nous propose d’aller voir la vraie Comuna trece et d’entendre l’histoire violente et très difficile de ce secteur de la bouche même d’une habitant, note ami Santiago.

Medellin a été traversée par une période tellement noire, c’est inimaginable. Voldemort et aussi les autres gangs, ont régné en rois sur la Comuna. Semant la terreur partout et tout le temps pendant une grosse vingtaine d’années.

Tous les gens nés avant et pendant les années 80-90 ont saigné d’une façon ou d’une autre et ont vécu la terreur.

Santiago, le plus vieux, avait 6 ans pendant la période ultra noire. Il nous a raconté que des soirs de raids, il était préférable de dormir à la belle étoile, dans la rue, que dans les maisons. Les balles perdues, c’était monnaie courante.

Le petit Santiago, il a 16 ans, n’a pas vécu cette période mais ses parents oui. Et ils en parlent. Pour que la mémoire reste. Pour que les gens n’oublient pas.

Pour une canadienne, toute cette histoire est inimaginable. Dans notre petit confort, on trouve le tour de chialer pour de broutilles. Devant cette gigantesque adversité, on devient pas mal plus humble. La perspective change. Il faut mesurer l’incroyable chance de naître dans un pays aussi paisible à la réputation internationale d’être LE meilleur pays où vivre actuellement. De la chance pure. On a rien à voir avec la chance qu’on a d’être canadien. Mon cœur a saigné et saigne encore de toutes les histoires racontées par les Santiagos.

On a déambulé dans ces petites ruelles, monté une multitude de marches maléfiques (oui!! On s’en sort pas!). Ici, pas de moteur, pas de moto non plus. Tout est monté à bras d’hommes. C’est vraiment tranquille!

Santiago nous raconte qu’on organise souvent des concerts de musique en bas. Et toute la Comuna en profite. Oui!! La Comuna est physiquement comme un arène naturel. Comme le son monte, ben tout le monde entend la musique! Cool!

Rendues en haut, la vue sur la ville est à couper le souffle. La ville est organique (comme dirait Eve). En bas, dans la cuve, le centre ville avec ses édifices en hauteur. De part et d’autre, la ville grimpe sur les montagnes environnantes. Donnant cette impression d’un organisme ayant besoin, pour s’agrandir, de déborder graduellement partout autour.

Nous avons mangé chez Diana. Elle nous a accueillies chez elle, une petite maison juchée tout en haut. Maison modeste mais bien tenue avec probablement la terrasse avec la plus belle vue de Medellín. Petite soupe aussi bonne que celle de ma mère avec des herbes salées du bas du fleuve genre. Et plat principal habituel: riz, fèves rouges, banane plantain grillées et poulet. Il y avait une salade aussi mais je préfère pas manger de cru. Au grand désarroi de Eve qui aimerait bien manger des légumes.

Honnêtement, je préfère maintenir une ligne plus dure sur l’alimentation avec les épisodes gastriques que nous avons vécues dernièrement. Et Eve n’est là que pour 7 jours. Pas le temps d’être malade tsé! J’ai fait le deuil des légumes crus depuis les Philippines. Trop risqué.

La journée a été ultra bien remplie. Une fois de retour à la chambre, nous avons ramassé la jeune pour un glandouillage final à plaza Botero. Pas le choix d’y retourner, ces sculptures voluptueuses sont magnifiques. C’est cool aussi de voir la ville prendre vie après les heures de bureau. Y a du monde dehors, la place est pleine de gens de tous acabits! C’est fou, c’est cacophonique et « no dar papaya »! On tient notre sacoche près du corps tsé!!

Petit drink sur la terrasse, on contemple cette ville magnifique. Elle est encore plus organique la nuit!

On part demain soir pour Cartagena, sur la côte, 30 degrés!

Mais une petit inquiétude nous taraude. Une très grande marée a inondé une partie de la ville. Les plages sont fermées et aucun bateau ne prend la mer. Finalement, notre hôtel n’est pas dans le quartier touché fiou! On verra comment on va dispatcher les activités mais on aimerait bien partir en bateau pour faire du snorkeling! On se croise les doigts!

Début de l’expédition
Les Santiagos
Comuna 13 vue d’en bas
Escaliers maléfiques
Vue
Organique n’est-ce pas?
Vue encore
Escaliers…
Jonathan et Diana
Terrasse chez Diana
On a fait un graffiti: salut s’tie! Avec la fleur de lys, vous le voyez?
Côté touristique, les fresques sont magnifiques
Exposition fluo
Le groupe de visiteurs
Botero dans toute sa splendeur
Les girls!

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