Bonne nouvelle! Je me lève sans mal de tête ni douleur ni rien. Tout à disparu. J’avoue que je suis soulagée parce qu’aujourd’hui, on a l’activité muy organisada de notre séjour à Mérida. C’est quoi Cawo?? Nous allons visiter une hacienda!!

Bon, c’est quoi une hacienda? Finalement, c’est un genre de ranch mais ici on appelle ça une hacienda. À une époque, il y en avait plus de 1000 en opération dans la péninsule du Yucatan! C’est Domingo qui l’a dit. C’est le monsieur qui nous a reconduit à la hacienda et avec qui j’ai fait une très grosse jasette d’une heure, seulement en espagnol svp!!!!! (Je suis fière de moi et de la progression de mon espagnol!).

Déjà le trajet pour se rendre à l’hacienda est vraiment intéressant. On passe par de petits villages, des routes de campagne. La nature est magnifique. Intéressant de voir les terres non défrichées, les arbres sont tous de la même hauteur, un peu le même type de feuillu mais sans l’être. Non non ce en sont pas des terres replantées. Du moins, on dirait pas parce que la nature y est trop anarchique malgré tout.

Une grosse heure de mémérage et de regardage par la vitre pour mémoriser toute cette vie dans laquelle nous ne sommes qu’en visite. Je ne me lasse jamais de voir ça.

Trêve de philosophie de zieutage svp! Revenons donc aux haciendas. 1000 à l’époque florissante.

Les haciendas produisaient du henequen. Non je n’ai pas fait de faute en écrivant le mot et non ce n’était pas de la bière. Le heneken, c’est une fibre obtenue avec une variété d’agave qui n’est pas celle utilisée pour la tequila.

Cette agave, elle possède de longues feuilles étroites. En grattant la partie verte avec laquelle ils faisaient des éponges, le jus de cette pulpe était aussi utilisé pour faire une alcool à 70% 😬

Restait alors l’intérieur de la feuille, blanchâtre et très fibreuse. Ce sont ces fibres qui, séchées au soleil, étaient la matière première, le henequen. On faisait quoi avec ça? Des cordes extraordinairement solides. C’est d’ailleurs une corde de henequen qui tenait l’ancre du Titanic, ainsi que les bateaux de sauvetage!

Le henequen a été exporté partout dans le monde pendant près de 100 ans. C’était LE produit pour les cordes. Mais ce commerce est tombé très abruptement. Pourquoi? L’avènement du nylon. Dans les années 30 approx.

Qui étaient les proprio des haciendas? Les espagnols européens principalement. Qui travaillaient dans les haciendas? Des Mayas. Les européens n’habitent pas leur hacienda, ils laissaient la responsabilité de la gestion à un superviseur, un mestizo habituellement.

Et oui, la plupart de Mayas travaillant sur les terres étaient traités en esclave… avec toute l’injustice qui vient avec. Des jours de travail extraordinairement longs (4am à 9pm), un salaire quasi inexistant, les repas plus chers que le salaire quotidien. Une cycle d’endettement éternel.

Quand les propriétaire ont décidé d’arrêter la production, ils ont complétement abandonné l’hacienda. Évidemment, les travailleurs n’ont pas été payés. Ils ont donc envahi et saccagé le site au complet.

Une famille de Yucatecans a décidé, plusieurs année après, de racheter l’hacienda. Ils l’ont restauré et non seulement y font des tours mais aussi c’est un hotel. Vraiment bien en fait! Le nom de l’hacienda: Sotuta de Peon. Si jamais ca vous intéresse.

On a pu aussi aller dans les champs d’agave. Sur un petit wagon tiré par une mule, nommée Dolores. Petit wagon parce que le site est parcouru de rails qui servaient au transport du henequen et des travailleurs.

Tranquillement dans cette nature bucolique, à admirer une nature tellement différente de celle du Québec, on se dirige vers un cenote. On savait pas ça! Qu’il y avait, dans le tour acheté, la baignade dans un cenote!

Mais c’est pas tellement grave! On a eu droit à un cenote pour nous toutes seules pendant un très gros 5 minutes! Les temps que les gens se changent et prennent leur douche (obligatoire avant de se baigner dans toute cenote).

5 minutes, les pieds dans l’eau cristalline. À écouter ce silence de caverne, à regarder l’histoire de la terre, là, devant nous avec ces pylônes de sédiments calcaire. Wow! Quelle chance nous avons eue de pouvoir avoir un cenote à nous toutes seules! J’ai fait un petit vidéo de l’ambiance. En le regardant après, on pense carrément que le son a été oublié lors de l’enregistrement jusqu’à ce que nous voyions mes pieds dans l’eau et que je les bouge en faisant clapoter l’eau. On comprend alors que le rien, c’est ce silence incroyable, sous-terrain. Tout est arrêté.

Un petit lunch nous attend au sortir du cenote. Puis, retour au bercail.

La mère, aka moi, est un peu moins fraîche on dirait. La fin de la journée se passe tranquillement, en glandouillant dans nos endroits préférés. C’est notre dernière journée à Mérida finalement, il faut en profiter un peu. Il pleut mais on est pas fait en chocolat n’est-ce pas?

Demain? Avion. Vers Oaxaca, le pays des aztec!

Btw, je n’achète pas la toile de Kukulkan finalement. Vous savez, le peintre new-maya? Malheureusement, il semble que le transport soit deux fois le prix de la toile…. j’ai beau aimer son art, ce n’est pas possible dans ce contexte. J’ai donc abandonné le projet 😔

La maison principale
Vue de l’extérieur
On épluche les feuilles avec une machine
Les fibres prennent 6-8 heures à sécher au soleil
Des cordes: 2,3… 15 brins. La corde de l’ancre du Titanic en avait 250!
Dolores ❤️
Agaves dans le champ
La cenote
L’histoire de la terre devant nous. L’eau est cristalline! Toutes les roches sur le devant de la photo sont sous l’eau!
Arbre sacré des Mayas. 300 ans
C’est là l’hacienda!

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