Okinawa okinawaaaaaa!! On est dans un autre monde vraiment!

D’abord, il fait chaud. Attention, on est presqu’en saison froide. Décembre et janvier, c’est l’enfer hivernal! On chauffe le sake pour l’occasion. Il fait 20 degrés! Attention la langue sur le métal!!!!!

Mais n’empêche que nous sommes en basse saison, le vent est un petit peu frais et comme dit précédemment, l’eau de la mer est aussi un peu fraîche, comme l’eau chauffée de juillet dans nos lacs. Mais salée, avec des vagues et des marées.

On a la motadite paix! Sauf la fin de semaine. Alors là mais amis, les Japonais consomment leur lieu de villégiature!

On s’est dit, Sacha et moi, qu’on irait au bout sud et au bout nord de l’île.

Donc direction sud pour commencer. Le bout du bout svp. Qu’est-ce qu’il y a au bout? Toute une histoire!

Saviez-vous que Okinawa était territoire américain jusqu’en 1971? L’île est redevenue japonaise seulement à cette année. Vestige de la deuxième guerre.

Okinawa a été le seul champ de batailles terrestre du Japon pendant cette guerre. Hormis, on s’entend, des bombes qui sont tombées à Hiroshima et Nagasaki.

Je n’avais pas vraiment l’intention de visiter des sites de la guerre. Mais en regardant la carte du bout sud, nous sommes tombées sur un memorial spécial. Le musée de la paix Himeyuri à Itoman.

Alors n’écoutant que notre courage et pesant sur le gas, nous avons avalé les 50 km qui nous séparent de ce site et du bout du bout.

Tandis que nous cheminons, il est vraiment intéressant de constater que l’architecture a beaucoup changé comparativement au « main land » comme disent les Japonais (même s’il s’agit d’une autre île…).

Les bâtiments ressemblent beaucoup plus à ce qu’on retrouve dans les pays du Sud: dalles de béton, bâtisses blanches, en crépis ou en béton nu.

Sacha de me dire « on dirait qu’ils se soucient moins de l’entretien de leur maison ». C’est vrai que nous voyons plus de bâtisses un peu défraîchies, des cernes de coulée un peu partout. Le ciment nu ne reste pas beau longtemps non plus. Mais comme le climat est bon à l’année, pas besoin de faire de la grosse maintenance j’imagine…. c’est l’impression que ça me donne.

Finies les bâtisses en céramique. Toutes les bâtisses sont dans des versions pâles ou poudre:  rose, jaune, bleu. Mais la couleur dominante, c’est le blanc.

On dirait vraiment un autre Japon.

Et que dire de l’eau! D’une couleur turquoise si elle est peu profonde, elle devient indigo-bleue en eau profonde. Une couleur que je n’ai jamais vue ailleurs! Saisissante!

Bon trêve d’esbeaubissage (wow!), nous arrivons à Itoman et son musée. Honnêtement, nous ne savions pas à quoi nous attendre et nous serons vraiment bouleversées par ce que nous allons apprendre.

Les japonais, pendant la guerre, se sont alliés avec les allemands et les italiens. Ils ont fait la propagande contre les méchants américains et leur gang partout et surtout dans les écoles. Plus le confit avançait et plus l’école était mise de côté pour se concentrer de plus en plus sur l’entraînement et les drills militaires. Les écoles de jeunes filles ne faisaient pas exception.

Au plus fort du conflit, plusieurs centaines d’étudiantes ont été mobilisées pour venir en aide au personnel soignant qui avait installé l’hôpital militaire dans des tunnels et des grottes.

Les filles avaient entre 17 et 20 ans. Elles ont été laissées à leur sort lorsqu’un ordre d’abandon du site à été donné par les gradés. Plus de 200 d’entre elles ont perdu la vie suite à cet ordre. Celles qui ont survécu ont évidemment été marquées à vie par cette éprouvante expérience. Il faut dire aussi que les conditions dans lesquelles elles travaillaient étaient extraordinairement difficiles. Des tunnels sombres, poisseux, puant la mort et les défécations. Les malades qui gémissaient, les opérations sans anesthésie. On ramasse les bouts coupés pour les jeter dehors. Vous voyez le topo. Tout pour marquer à vie n’importe qui, et qui plus est des jeunes.

La guerre est très présente et récente dans la mémoire des japonais d’Okinawa (et certainement à Hiroshima et Nagasaki) à voir la présence américaine toujours active sur les bases (on a vu plusieurs jets et aussi des camions militaires) et ces memorial présents à plusieurs endroits sur l’île. 

J’espérais aussi que les gens que nous avons croisés dans ce musée ne pensaient pas que nous étions américaines! D’ailleurs j’en ai parlé au propriétaire du gîte où nous sommes, Allan, qui m’a dit que les Japonais de Okinawa ne sont pas fâchés contre les américains. Ils en veulent au gouvernement japonais de s’être obstinés et de les avoir exposés dans cette guerre.

Nous étions bouleversées par cette histoire, Sacha et moi, et nous avions vraiment faim aussi. Je nous ai dégotté ce petit resto qui semblait bien joli pas trop loin de là. On se fait accueillir par cette jolie dame, tout sourires et empressements chaleureux. Le resto ne paie pas de mine et ne propose que deux repas. On opte pour la soupe ramen, toujours winners chez les Lebel et Lebel.

Pendant que nous dégustons cette magnifique soupe, je ne peux me décoller les yeux des toiles qui sont sur les murs. Wow! Elles sont très originales et belles! Colorées avec aussi des traits noirs assez présents, j’aime le style.

Je dis ça à notre gentille serveuse qui s’exclame: it’s my husband l’artiste!! Et le husband de sortir de la cuisine. Et on fait le tour des toiles avec des wow! Je suis en amour et j’en veux une. Mais ça doit coûter une beurrée… mais je tâte le terrain. Trop cher. Il me dit, tu peux payer combien? Je lui dis que je suis gênée parce que je respecte son art. Il me dit, combien? Je lui dis, il me dit ok! Omg! J’aurai une toile d’un artiste local de Okinawa chez moi!

Je lui transferts les dineros, on se sert la main en se regardant dans les yeux. Il me dit, je t’envoie la toile lundi prochain! J’ai confiance, je sais que je recevrai ma toile. On s’est serré la main et regardé dans le yeux après tout. C’est un contrat japonais ça.

On se trouve une plage pour se faire ventiler un peu les oreilles et voir la vue infinie. La plage est déserte. Je dis à la grande: vamos. C’est assez pour aujourd’hui ! Je me suis assez mise dans le trouble comme ça! À la casa pronto por favor! (L’espagnol, ça marche partout!)

Demain, on se tape le bout du bout nord!

Poème à l’entrée du musée. Les photos sont interdites à l’intérieur
Merci Mme Google
Bonne petite soupe ramen
Saichi et ma toile « Dotonbori »
La mer bleue
La plage du bout, vide

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