Quel 24 hres bien rempli! De la ville, des trains, des métros, des montagnes, des monastères, du froid et j’en passe!
Nous avons quitté notre petit nid douillet de bon matin hier pour entreprendre une virée dans les montagnes.
« Ma belle grande, on part à 9:30, première étape, aller à la gare Shin-Osaka pour acheter notre billet de Shinkansen pour demain. Je veux pas avoir de mauvaises surprises encore et je sais pas combien de temps on va attendre en ligne au guichet de la station. »
« Après, on enligne le cocktail de tricots pour se rendre à Ryokan. 4 transferts à faire. L’examen de fin d’année je crois bien! Avec tous les changements, on devrait arriver pour l’enregistrement (check in) à 15:00. »
Let’s go!
Finalement l’achat des billets s’est fait super rapido, le monsieur vraiment gentil m’a dit que non non, pas besoin de deux billets!. Alors pourquoi l’autre fois???
Alors on commence la phase 2, le chemin vers les montagnes et le monastère où nous allons séjourner une belle nuitée.
C’est quelque chose que j’ai trouvée dans mon guide, M Lonely Planet. Il semblerait que l’expérience est magique et vraiment intéressante. Vivre la vie des moines pendant un bref moment.
Qu’est-ce que ça implique? Dormir comme eux: sur des galettes minces de futon, directement sur le plancher
Manger comme eux: une multitude de petits plats végétariens.
Se baigner comme eux: aller dans les bains publics, se laver avec les autres et aller dans le bain d’eau de source chaude.
S’habiller comme eux: après le bain, enfiler le yukata (robe de chambre japonaise) et le yukata doublé et lourd (parce qu’il fait froid).
Se lever avec eux pour la prière du matin. À 7:00, pas trop difficile pour deux lèves tôt.
Vous voyez le topo. J’avais vraiment hâte à cette partie du programme qui allait nous sortir de notre quotidien.
Mais avant, attachez votre tuque. La fonction avancée de l’enfilade des transports. On a commencé par le métro puis le train de banlieue et une autre ligne de train de banlieue qui nous a amené, pendant une très grosse heure, au fond de la nature et des montagnes à l’est de Osaka.
Le train a commencé à monter, ce qui est un peu bizarre, dans des grincements de roues de métal sur les rails. J’avais l’impression qu’il n’avait plus assez d’adhérence…. et le paysage a commencé à être de plus en plus montagneux. De plus en plus vert de forêt. Des montagnes abruptes, rien à voir avec celles du Québec. On est sur des terres volcaniques, il ne faut pas l’oublier. Et les forêts, wow! Un mélange de grands conifères (pins, cèdres gigantesques) de bambous et de palmiers! Oui! Pas le type cocotier mais plutôt celui avec les feuilles qui partent plus bas. Difficile à expliquer
Mais tout de même, vous voyez le topo? Vraiment différente la forêt et magnifique. Dense et tellement verte.
Pendant que je n’en peux plus de m’ébahir, on continue de monter. Mais le train n’en peut plus. Il faut donc changer pour un « cable car ». Oui! Une wagon presque vertical qui est tiré par un cable. Au fond de la forêt, dans les montagnes. On monte le mur pendant un très gros 10 minutes.
On pourrait penser que ce serait la fin. Mais non. Après le cable car, l’autobus. L’autobus qui doit négocier, sur une minuscule route, des courbes en épingle.
Bon nous sommes arrivées après dans le magnifique village de Koyasan. Arrêt incontournable de tous les guides de voyage parce que dans l’autobus, il n’y a que des touristes. Pas grave. On débarque au dernier arrêt.
Nous trouvons notre monastère rapido et sommes accueillies par un petit monsieur chauve. Sans méchanceté ou manque de respect, il ressemble à M Pillsbury. Il est tout gentil dans son anglais approximatif.
Il nous montre un plan, notre chambre est au 2ieme, grande pièce avec deux petits matelas au sol. Plancher en tatami partout. D’ailleurs, on a laissé nos souliers à l’entrée principale.
Nous prendrons nos repas dans la salle 3, une salle carrée, en tatami, avec une belle sculpture et deux coussins par terre avec des dossiers.
Le bain est ouvert jusqu’à 21:30. Les gars d’un bord, les filles de l’autre.
On se promène à travers la propriété et je constate deux choses: le lieu est empreint d’une belle paix tranquille et pleine d’encens et il fait pas mal frette et humide.
Nous les québécois, quand arrive octobre, novembre et les premiers froids, on chasse l’humidité en faisant une petite attisée, ou en donnant un petit coup de chauffage. Ici, nenni, ils ne chauffent pas vraiment. Ils n’ont pas de chauffage central. Il fait frette.
Et nous, ben on voyage léger, alors on a pas beaucoup d’épaisseurs à mettre.
Glandouillage obligatoire dans le village. On découvre un lieu ultra saint où des pins multi centenaires poussent. Magnifique! Et nous rencontrons un moine qui nous fait une visite guidée de son monastère (pas le nôtre, pas grave!).
Nous sommes dans un fief bouddhiste. Il nous montre des tablettes de plusieurs centaines d’années. Sur celles-ci, sont écrits les noms de Samouraïs célèbres, de princes suédois, de pdg de Mitsubishi. Qu’ont-ils en commun? Ils sont venus dans ce monastère et ont voulu s’y reposer.
Nous avons aussi rencontré Jizō, le protecteur des voyageurs mais aussi des enfants. Rappelez-vous la photo avec des bouddha avec des bavettes rouges? C’est Jizō. Les gens leurs mettent des bavettes en leur demandant de protéger leur enfant. Et on retrouve Jizō partout le long des routes.
Magnifique cette visite et le moine est tellement sympathique et ricaneur. Nous avons eu beaucoup de plaisir à le suivre. Mais retour à notre monastère, il fait faim!
Les deux repas que nous aurons pendant notre séjour consiste en une multitudes de petits plats (comme dirait Sacha, ça fait beaucoup de vaisselles à laver…) avec de petites portions de toutes sortes. Du tofu, des légumes marinés, du riz assaisonné, des fèves sucrées, des légumes enrobés de noix, etc. Le tout accompagné d’un excellent thé genmaicha. Un de mes préférés.
Ces repas sont un délices pour les yeux autant que pour le ventre. Et une fois tout ces petits plats vidés, on est bien repues!
Notre ami le moine a mis le chauffage dans la pièce où nous mangeons. C’est le seul endroit d’ailleurs.
En retournant dans notre chambre, nous sommes saisies un peu par ce froid. Il fait 10 degrés. Il est temps d’aller au bain.
On prend nos deux grandes robes de chambre et, n’écoutant que notre courage, on se dirige vers la section féminine des bains.
Il y a déjà une fille qui est en train de se savonner quand nous arrivons. C’est la règle. Avant d’aller dans le bain, il faut se laver de fond en comble. C’est notre première expérience officielle de nudisme au Japon. Bah y a rien là finalement.
Une fois bien lavées, on entre dans le bain. Une cuve carrée, en bois, qui peut facilement loger près d’une dizaine de personnes. L’eau coule en permanence et elle est bouillante! Comme je l’aime! Quel bonheur d’être immergée dans cette eau jusqu’au cou! La fille et Sacha trouvent que l’eau est trop chaude, moi j’y serais restée des heures.
Une fois ce bain pris, la chambre est très confortable. On relaxe tranquille au son de ce petit ruisseau qui coule dans le jardin. Nous avons rvs avec les moines demain matin pour la prière.
7hres, la prière, autant dire que la journée est bien avancée. Ça me surprend un peu à moins que ce ne soit pour accommoder les touristes. Il me semble avoir entendu le gong aux petits heures, genre 4hres du matin.
Petite cérémonie avec un seul moine qui chante des airs d’un autre ton, d’une autre sonorité. Je ferme les yeux pour m’imprégner de ce chant magnifique accompagné de gong et de cymbale. À la fin de la cérémonie, le moine nous donne une petite amulette bénie pour nous assurer un bon voyage.
Nous avons bien dormi malgré la dureté du matelas (pire qu’un matelas de sol de camping. Des fois je me dis que je suis trop vieille pour ça..). Et, après le petit déjeuner et un peu de gandouillage autour, nous sommes reparties en enfilant inversement les différents transports.
Mais à la fin, il y en a un train de plus, le Shinkansen, qui nous amène à Fukuoka, notre prochaine destination, à près de 650km de là. 2:30 en train rapide au lieu de 8hres en train régulier.











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